Une minute en mai, V

L’été, on s’arrêtait pique-niquer à la naissance d’un chemin au bord d’une départementale. La table de camping Lafuma était retirée du dessus des bagages dans le coffre de la 404 et stabilisée dans l’herbe avec des cailloux. À la fin du...

Une minute en mai, IV

Tes cheveux autrefois, les doigts s’y perdent en jouant du tambour, le vent y dessine des rivières elles caressaient tes muscles, ton dos La main comme une prière désormais, un frisson parcourt la joue, le cou, tes yeux baissés sur le sable couleur de soie...

Une minute en mai, III

On en parle beaucoup, on ne fait rien derrière, à murmurer comme les lézards près des plantes du Carbonifère, vous nous survivrez sans doute dans la chaleur infernale comme résistera Jules Verne sur la plage près du grand lac au centre de la Terre (une minute trente....

Une minute en mai, II

Les amies orchidées chantaient, à l’abri du vent d’est, un air marin très doux au bord de la luzerne Du Benjamin Britten ? Il faudrait une ouïe fine, un pavillon sacré vers l’Orient tendu C’était donc du Ravel, un autre sortilège (Claude...

Une minute en mai, I

S’il existait une section « paysage » à l’agrégation, seraient admis aux meilleures places ceux qui n’ont rien dit, rien écrit ; ceux qui ont regardé en leur for. Peut-être Les gens qui écrivent tant et tant, à propos de la solitude, sont souvent...

Chronique d’une encre sympathique

Qui, pour encourager à briser ce silence (vicissitude d’un virus vibrionnant), un ami éloigné, le frissonnement de la langue, un souvenir maternel ? Parfois, en lisant quelque ouvrage, à l’aplomb d’une phrase surgissent en bloc, comme une bouffée d’éther :...

Virgile, Géorgiques

Vitry-sur-Seine, Villejuif, Le-Perreux-sur-Marne, Ermont, Rosny-sous-Bois, quelque part entre les 19 et 26 mars 2021 (la douceur des noms franciliens, si éloignée des douleurs et des colères ressenties en les parcourant ; les coins tranquilles, parfois,...

Des tuyaux pour l’homme en ville

À bien considérer l’affaire, le point de vue du badaud dans le vent (de la langue) serait, s’il était possible de l’entendre, dit sur le ton de la confidence (et, plus encore peut-être, sur celui du secret) à l’amie indulgente, amusée, effarée,...

Rouler son monde

En posant une oreille, peu importe laquelle, sur le tronc d’un arbre on entend parfois, fruit d’une inattention, les mille pattes d’une iule cogner fort au tympan (un cul-de-sac, pourtant) : V’là l’printemps ! V’là l’printemps...